Le 30 septembre 1982, j’écrivis ma première
chanson. Cela dura quelque dix minutes… comme un jaillissement. Mais
je la trouvais aussitôt bien fade et plutôt 'nulle'.
J’habitais
dans le Beaujolais.
Ma mère devait arriver le lendemain matin de bonne
heure. Je me réveillais à 7 h 00. Elle n’était
pas encore arrivée. Je sortais et marchais le long des vignes, sur la
petite route qui descendait le vallon. Au pied de celui-ci, je vis apparaître
de gros animaux remontant le vallon. Ils passèrent à mes côtés.
Je me retournais lorsqu’ils atteignaient, derrière moi, le haut
du vallon. C’était des chevaux.
Arrivé en bas de la route,
au pied d’une abrupte colline, un jeune homme m’attendait. Je le
connaissais. Il était avec moi à l’école primaire.
Tout le monde se moquait de lui. Il m’invita à le suivre, gravissant
la forte pente en marchant tout droit.
Au sommet, une arche terminait le sentier qui débouchait sur une aire
plane. Ma guitare était posée là, à côté d’un
homme à fière allure. « Voici ton maître » me
dit-il, puis il disparut.
Le maître me montra la guitare et me dit :
« Chante ta chanson ! »
« Oh non, elle n’est vraiment pas
intéressante. je vais vous jouer quelque chose de magnifique que j’ai
appris la semaine dernière. »
Je pris la guitare
et jouais… mais, étonament, cela n'était pas aussi joli
que les autres jours !
À ce moment-là, je me réveillais dans
mon lit, totalement surpris : je croyais DÉJÀ être
réveillé !
Je venais de rêver ! Mais un rêve où j’étais
totalement conscient de ma vie : je me souvenais de tout ce que j’avais
fait la veille, les jours précédents et toute ma vie.
J’étais vraiment surpris d’être dans mon lit !
d’autant que
la chanson et la venue de ma mère étaient bel et bien la réalité du
moment !
Il me fallut quelques secondes pour intégrer cette nouvelle réalité et conscientiser ce rêve. Je regrettais alors instantanément de ne pas avoir chanté ma chanson. Je pris ma guitare, qui n'avait pas quitté ma chambre, et chantais cette fameuse chanson.
Le corps, le cœur et toute mon âme se mirent à frissonner avec les notes et les mots qui sortaient. J’étais confondu par la beauté de la chanson. J’en pleurais ! Je la chantais à nouveau, les paroles et les sons hoquetaient sous les sanglots de joie, les jambes tremblaient, le corps n’en finissait pas de frissonner !
Je compris immédiatement ce que la Vie me disait : « Ne juge JAMAIS ce que tu crées »… comme si je percevais intuitivement qu’une dimension sans limite était à la source de toute création et que, ce faisant, toute création était admirable et précieuse.
Dieu venait de me parler et de me donner un message frappant afin que je n’oublie jamais cette importante leçon.
Cet épisode onirique est le reflet de ma vie : un parcours initiatique vécu sur le chemin de la vie quotidienne, d'expériences en situations, de rencontres en relations.
Il est sans aucun doute une étape marquante de mon cheminement à l’école vivante de Dieu, celui de la Vie, celui qui réunit toutes les religions et toutes les églises, celui qui est au-delà des dogmes, Ce LUI Qui Est.